نبذة مختصرة : International audience ; Un putain de déterminant composé ou une putain de locution déterminative : le changement linguistique à l'oeuvre dans les constructions [SN1 de SN2] Résumé En nous appuyant sur un corpus en diachronie 1 , et dans la lignée des études croisant insultes et structures [N1 de N2] (Milner 1978 ; Ruwet 1982 ; Larrivée 1994 ; Léard 1997), nous nous intéresserons aux mécanismes du changement linguistique qui affectent le syntagme nominal [DET putain de] et modifient sa structure. A l'instar des recherches menées sur des constructions syntaxiquement analogues de type un espèce de (Verjans et Glikman 2022), un genre de, une sorte de (Schapira 2014 ; Rouget 1994 et 1997), nous porterons une attention particulière au degré de figement de la structure [DET putain de] que nous qualifierons désormais de locution déterminative intensive. Il s'agira de différencier cette structure des structures [N1 de N2] déjà identifiées (Ruwet 1982) (i) : a) La robe de ma mère. [Structure à complémentation N1 de N2] ; b) Ce fripon de valet 2 . [Structures classifiantes/spécifiantes N1 de N2] ; c) Une putain de basilique 3 . [Structure Loc. DET N] ; Cette étudeà la fois quantitative et qualitativea pour objectif de démontrer que la grammaticalisation du substantif putain se poursuit. Si depuis le Moyen-Âge, le terme putain est étiqueté substantif, adjectif, mais également interjection, nous proposons de le traiter comme une forme composée de déterminant dont la structure [Det N1 de] a subi un réanalyse (Marchello-Nizia 2006 ; Combettes 2014) nous poussant à reconsidérer sa structure syntaxique en [Loc. DET N]. Pour rendre compte de cette évolution, nous comparerons les structures [DET putain de N] en usage en ancien et moyen français en exploitant le corpus de la BFM où le terme putain est employé dans son sens plein dans des constructions comme Filz a putainet des constructions contemporaines où le terme putain a subi une désémantisation. Nous observerons l'évolution de ce phénomène en diachronie : dès les premières ...
No Comments.